Call me Nessy, from Loch Ness.
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Qu'est-ce que tu fais ? - Je filme cet oiseau mort.
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Pourquoi ? - Parce que c'est beau.
N'importe qui aurait frissonné à sa place. N'importe qui aurait eu peur, dans cette forêt sombre et humide, dont les arbres, en cette fin d'automne, ressemblaient à des squelettes décharnés, implorant le repos. N'importe qui se serait cru observé par milles esprits cachés dans l'ombre...Mais pas elle. Elle cherchait l'obscurité des arbres, à travers lesquels elle percevait parfois le disque argenté de la nuit. Elle cherchait l'humidité de cette forêt... C'est là qu'elle se sentait bien. Elle aimait y marcher tard le soir, seule, laissant s'agiter ses longs cheveux blonds, comme animés par la légère brise nocturne. Elle aimait y sentir la fraicheur du vent sur son visage. Elle aimait entendre les arbres murmurants d'anciens et terribles secrets. Non qu'elle aimait la peur, et qu'elle recherchait le frisson, mais au contraire, c'est dans cette forêt centenaire qu'elle se sentait bien. On aurait pu croire qu'elle ne ressentait pas l'oppression de ces sombres esprits, que tout le monde redoutait de troubler, mais, au contraire, elle les sentait plus présents que personne. Elle les sentait plus forts, plus vifs, aussi vivants qu'elle l'était. Mais ils ne l'oppressaient pas. Ils ne la scrutaient pas. Non, ses regards posés sur elle la protégeaient. Elle voulait s'éloigner de l'Homme. Dans cette forêt, elle quittait le bruit des voitures pour celui de ses pas dans les feuilles mortes, elle quittait tous les bruits parasites de la ville pour son seul souffle lent et régulier. Elle fuyait l'odeur des pots d'échappement pour ne sentir que l'humidité de l'écorce. Comme chaque soir elle marchait. Elle ôta ses chaussures. Elle voulait communier avec le sol, se sentir possédée par lui. Peut-être l'était-elle en fait, cela ne l'aurait pas gêné. Elle avançait, pas à pas, les pieds nus sur ce sol encore marqué de flaques par l'averse qui était tombée la veille, mais elle ne sentait pas le froid lui mordre ses jeunes pieds pourtant si fragiles. Elle respectait profondément les arbres, ses arbres qui avaient déjà déployés leurs longues branches cent ans avant sa naissance, et qui seront toujours là cent ans après sa mort... Ses arbres que tout le monde considérait comme muets, elle savait qu'ils gardaient de terribles secrets, et qu'il suffisait de tendre l'oreille et d'ouvrir son c½ur et son âme pour les entendre... Eux ne disaient que la vérité, des vérités sombres et anciennes, alors que l'Homme lui, n'est que tromperie et mensonge. Mais ce soir, elle ne marchait pas uniquement pour se retrouver dans cet univers, dans cette forêt, où elle se sentait plus à sa place que dans les villes des hommes. Ce soir là, elle s'enfonça plus profond encore dans cette forêt, peut-être plus loin qu'aucun humain n'a jamais osé pénétrer. Et c'est là, au pied d'un vieil arbre plus sinistre encore que les autres, qu'elle défit ses lacets pour s'en servir comme d'une corde. Elle savait que personne ne comprendrait. Personne ne savait ce qu'elle savait. Personne ne savait que la nature sauvage et vierge de toute trace humaine est la plus belle chose au monde. C'est pour ça que, chaque soir, depuis si longtemps, elle venait se réfugier entre les arbres, sans même que sa mère n'en ai le doute. Personne ne se souciait d'où elle pouvait être, alors, après tout, autant être là où elle se sentait le mieux. Mais venir en forêt quelques petites heures chaque nuit ne lui suffisait plus. Elle voulait y rester, pour toujours. Rester avec ses arbres et ses animaux, pour l'éternité...La dernière chose qu'elle se demanda avant de mourir, c'est si on la retrouvera un jour, se balançant lentement, au rythme du vent, au bout d'une branche de cet arbre centenaire, sereine, et elle espéra ne pas être décrochée, car elle semblait là être à sa place, comme une jeune enfant jouant sur sa balançoire.
Bien sûr je pourrais être aigrie de ce qui m'est arrivé. Mais c'est inutile. Il y a tant de beauté dans le monde. Parfois j'ai l'impression qu'elle me submerge, de partout en même temps, mais c'en est trop. Mon c½ur se remplit comme un ballon, prêt à exploser. Et là, je comprends qu'il faut que je lâche prise, que j'arrête d'essayer sans cesse de m'y raccrocher. Et ça glisse sur moi comme de la pluie. Et je ne peux plus rien éprouver d'autre que de la gratitude pour chaque instant de mon insignifiante petite vie. Je suis libre. Oui, je le suis enfin ! Il y a quelques mois, je me sentais mal. J'étais à bout, n'en pouvais plus et ne voulais qu'en finir. J'avais des pensées noires lorsque je me réveillais le matin et lorsque j'allais dormir le soir. Même mes rêves ne furent guère joyeux. Je rêvais de mourir dans un attentat, un accident ou que je trouvais simplement le courage de me suicider et de disparaître. Je ne m'aimais pas, ne pouvais me regarder dans un miroir. Hélas ! Quelle connerie stupide ! Tout cela, c'est du passé. Je me sens désormais bien dans ma peau, même avec boutons, cicatrices, kilos en trop, un visage moche, avec un caractère méprisable. Oui, je suis un monstre et alors ? J'assume. J'en ai marre de changer pour des gens qui n'en valent la peine ou qui m'oublient dès qu'ils m'ont perdue de vue. J'ai perdus tous mes soi-disant amis. J'ai fais de nouvelles rencontres. Je ne me prends plus la tête, j'ignore, je vois la vie en rose. J'ai réfléchis. J'ai des rêves que je veux accomplir, quoi qu'il arrive. Pourquoi alors vouloir disparaître ? C'est banal. J'ai affronté mes peurs et mes maux et j'ai vaincu, simplement parce qu'au fond de moi, je ne voulais plus exister, mais vivre. Je voulais VIVRE.Vous ne comprenez pas ce que je suis en train de vous dire n'est ce pas ? Ne vous en faites pas, un jour, vous comprendrez.